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| Festival
d'Avignon 2003 |
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| 10H50 -
durée 1h30 Terezin |
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| "Tant qu'on vit, on rit, tant qu'on crée, on vit disaient les artistes juifs praguois à Terezin. De ce camp de concentration, ils firent un lieu d'ébullition artistique intense. Leur arme c'était l'art. Eichmann y vit l'aubaine en 1944 pour berner la Croix-Rouge en camouflant 90 000 déportés à Auschwitz. Décidément, il faut se méfier des hommes d'État illuminés. J'ai
été élevé dans le culte de l'holocauste à
cause d'un père interné à Drancy mais qui s'évade
en mars 1942. Je nais neuf mois plus tard. Mon père voit sa sœur
et sa mère partir dans le convoi N° 53 du 25 mars 1943 et ne
pas revenir. Hervée de Lafond avait un père militaire, prisonnier des japonais au Viet Nam. Elle naît le 23 février 1944. En août 1945 elle est en situation de malnutrition chronique, elle aime dire que s'il n'y avait pas eu Hiroshima, elle n'aurait pas survécu. Toute petite, elle se souvient avoir été élevée dans le culte du maréchal Pétain. Claude Acquart a une mère polonaise, son grand père lui racontait les larmes aux yeux qu'il avait vu son fils tirer avec une carabine à plomb sur les juifs traditionalistes. Aucun de nous 3 ne sort intact de tels évènements. On a pensé qu'il y avait dans l'histoire de Terezin l'opportunité d'aborder un sujet inabordable." Jacques Livchine Le spectacle a pour point de départ un camp de concentration qui se trouvait à 80 km de Prague : Terezin ou Terezienstadt, qui a vu entre novembre 1941 et mai 1945 défiler plus de 140 000 personnes dont 80 000 ont été déportées à Auschwitz. 30 000 sont mortes sur place de maladies ou de mauvais traitements. L'originalité de ce camp a été d'accueillir plus de 1000 artistes tchèques ou allemands, qui ont décidé de continuer la pratique de leur art. Les Nazis ont d'abord interdit, puis toléré ces spectacles pour les mettre en vitrine afin de mieux cacher la réalité de leurs camps. Eichmann a ainsi invité la Croix-Rouge à visiter le camp de Terezin. Un grand spectacle a été offert à la délégation le 23 juin 1944. La Croix Rouge a été bernée. Pour tenter de renouveler l'opération, les Nazis ont préservé à Auschwitz une enclave baptisée le "camp familial" où 4000 déportés de Terezin, dont beaucoup d'enfants ont eu droit à un traitement de faveur. Quand les Nazis ont appris que la Croix Rouge ne se rendrait pas à Auschwitz , tous les occupants du "camp familial" ont été exterminés. Voilà. Ce spectacle évoque toutes nos préoccupations. La place d'un artiste dans la société, C'est quoi résister ? C'est quoi être juif ? Comment des gens civilisés peuvent devenir des barbares ? Peut-on rire de tout ?. |
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| Mise en scène : Jacques Livchine et Hervée de Lafond Décor : Claude Acquart Ecriture : Jacques Livchine Arrangements musicaux : Antoine Rosset Lumières : Richard Psourtseff Régie générale : David Mossé Régie : Frédéric Patois ou Hervé Dubois Collaboration artistique : Juliette O'Brien Acteurs :
Eric Bougnon | Nathalie Conio | Clotilde Fiter-Lecomte |
Catherine Fornal | Marie Iracane | Hervée de Lafond |
Jacques Livchine | Valérie Moureaux | François
Perrin | Isabelle Quinette | Antoine Rosset ou Gabriel Levasseur |
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| Théâtre
de l'Unité |
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