La
situation est posée d'entrée : le voyageur doit être
tué pour que se réalise le rêve d'évasion
de Martha et de sa mère. Or, ce voyageur est le fils prodigue
parti des années auparavant. Tout pourrait s'éclaircir,
tout s'obscurcit. Car Jean se tait. Et ce silence tisse la trame du
malentendu total.
Tous
les personages de cette fable atroce et superbe sont les enfants des
archétypes de la tragédie antique. Chacun résoud
sa propre énigme, accomplit son ultime quête, se lie à
jamais à son destin.
L'espace
théâtral est ici un lieu actif qui participe en permanence
à l'action, sollicite l'imaginaire. Extérieur, il devient
intérieur. Ouvert sur le large onirique d'une mer obsessionnelle,
il est riche en images, génère intelligemment les émotions,
induit le mouvement insolite et se referme en prison-cage sur l'extrême
solitude de Martha.
L'interprétation,
unanimement soulignée lors de la création, est vibrante
et intense.
Tout
concourt à faire de ce spectacle un moment de pur bonheur théâtral.
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