Exploration
souterraine d'un chorégraphe dans le domaine du théâtre.
J'ai
découvert cette nouvelle de Kafka, il y a quatre ans, alors que
je travaillais sur le duo "Issue de Secours". Depuis les mots de Kafka
me poursuivent, ils m'ont ouvert de nouvelles perspectives. Armé
de ce texte fascinant, j'ai voulu tenter une excursion dans le comaine
du théâtre. Pour porter ce soliloque étonnant d'un
animal paranoïaque prisonnier de son propre système de défense,
j'ai choisi de faire appel à Nathalie Royer. Nous avons exploré
ensemble, en tâtonnant, ce terrier plein de pièges.
J'ai
voulu faire un travail de mise en scène autour de cette nouvelle.
Mais je devais conserver et utiliser mon regard particulier de chorégraphe
pour aborder la mise en scène. Néanmoins, je ne voulais
pas utiliser le texte comme prétexte à des développements
chorégraphiques superflus ; je souhaitais le servir, lui donner
(par le mouvement) une caisse de résonnance dans laquelle il
puisse s'amplifier.
Ma
recherche dans cette aventure singulière reste centrée
sur le corps, sur le mouvement (même s'il n'est pas proprement
parlé dansé).
Le
personnage central du récit (celui qui raconte et raisonne)
est ici dédoublé. Il est escorté d'un double
muet, son ombre et sa trace dans le terrier quand il sort à
l'extérieur. Ils sont une entité face au danger. La
peur de l'autre (tous ceux qui convoitent le terrier) est un thème,
qui comme un leitmotiv musical se développe et s'amplifie
jusqu'au délire. Cette peur est un puits sans fond, car l'ennemi
n'est jamais identifié, mais certainement il est là,
car "qui pourrait voir le terrier sans modifier ses plans de voyages
et d'avenir ?"
Denis
Plassard
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